Voici un petit post lié à la pédagogie du théâtre d’impro. Voire à la pédagogie tout cours…
J’ai commencé à donner des cours d’impro il y a quelques années à l’Impropub, très sporadiquement, et cette année, de façon régulière, plus poussée, avec des recherches théoriques. J’ai commencé avec des adultes puis j’ai eu l’opportunité de faire travailler des élèves de collège.
Et si tout s’est assez bien passé dès le départ avec les adultes, il n’en a pas été de même avec les pré-ados…
En effet, plus d’une fois, ils m’ont posé cette question :  » C’est du théâtre ça ?  »
Aargh ! A chaque fois, ça m’énervait au plus haut point. Bien sûr que c’est du théâtre ! Tout ce qu’on fait EST du théâtre. C’est un cours de théâtre !!!!

...par soi-même...
Sauf que ce qu’on faisait ne correspondait pas à l’idée de ce qu’il fallait faire pour progresser.
Vous me direz  » Logique, c’est eux les élèves et c’est toi le prof.  »
Mais en même temps, on ne contraint pas 15 élèves, qui viennent sur leur temps libre prendre des cours supplémentaires. On ne faisait pas de théâtre point.
Donc  ils ne voyaient pas en quoi ce qu’on faisait les concernait…
Et ça, ça signifiait bazar et impossibilité de se faire entendre…
Mais mon énervement était aussi, et surtout, dû à de vieilles réminiscences de mon anciens job… Je vous le donne en mille :Prof ! De Bio…  » C’est de la bio, ça ??? » Je détestais cette question parce qu’elle ça voulait dire que je n’avais pas été clair dans mes explications et que ma démarche étais à côté de la plaque… Et avouons le, les démarches pédagogiques en bio, ça m’a pris 2 ans pour arriver à ne pas y arriver sauf aux prix d’un nombre d’heures disproportionné.
Alors quand  » C’est du théâtre ça ?  » est apparu, forcément, j’ai eu un peu de mal à l’accepter… Allait-il falloir que je concocte des démarches pédagogiques pendant des heures ?
Heureusement, non.
Il a juste fallu que je change de point de vue… Et que je prenne le leur.
Je leur faisais un cours pour adulte… Echauffement général pour un quart/un tier du temps, puis exercice d’échauffement spécifique au thème du jour suivi d’impro avec contrainte imposée.
Ce qui, pour eux, fait la moitié à 2 tiers qui servent à rien, vu que  » c’est que des exercices qui veulent rien dire.  » et que donc, c’est pas du théâtre.
Les pré-ados n’ont quasiment pas de capacité d’anticipation et vivent dans le plaisir immédiat.
Grande nouvelle !
Les pré-ado sont encore des enfants !
Ainsi, ils ne viennent pas dans mon cours pour des exercices d’échauffement.
Ils viennent pour être sur scène.
Pour réussir sur scène.
Et c’est seulement, après quelques impro aux contraintes ciblées, quand ils ont compris qu’ils ont besoin des exo que je leur propose ensuite, qu’ils les font dans la concentration.
2e grande nouvelle ! Ils ont besoin que les choses aient un sens pour les faire !
Dans le genre, je ré-invente le credo de l’IUFM, je crois que j’en tiens une couche. (Ce qui m’a d’ailleurs consterné quelques instants…)
Et les adultes ? Ils peuvent faire des choses insensées ?
Personnellement, j’ai du mal.
Par contre, j’ai une vision à plus long terme et donc je suis capable de faire un exercice pour lui-même car je sais que ça me fait travailler des compétences que je remobiliserai plus tard sur une impro  » en vrai.  »
Je mets du sens là où le formateur n’en met pas forcément.
Mais j’ai besoin de sens.
Comme un élève de 12 ans.
Pendant 2 ans en bio, j’ai su et j’ai essayé d’appliquer ce que je savais.
Et il aura juste fallut 3 semaines d’impro avec eux pour réellement comprendre ce que je savais…

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